Le principe des méthodes de priorisation est d’aider les équipes et les organisations à déterminer l’ordre dans lequel aborder les différentes tâches, fonctionnalités, problèmes ou besoins. Les méthodes de priorisation sont importantes car elles permettent de gérer les ressources limitées, telles que le temps, le budget et le personnel, tout en maximisant l’impact et la valeur du produit.
Les méthodes de priorisation peuvent être utilisées dans différents contextes, tels que :
- Prioriser les problèmes à traiter : Identifier les problèmes les plus importants ou urgents pour les utilisateurs ou l’entreprise.
- Prioriser les besoins ou désirs des utilisateurs : Déterminer quels besoins ou désirs des utilisateurs ont le plus grand impact sur la satisfaction et l’engagement.
- Prioriser l’ordre des éléments à implémenter sur un produit : Déterminer l’ordre dans lequel développer et déployer des fonctionnalités ou améliorations pour maximiser la valeur et minimiser les risques.
- Gérer la capacité et l’effort de l’équipe par rapport à la valeur du produit : Équilibrer les efforts de développement et les ressources de l’équipe avec la valeur attendue des fonctionnalités ou améliorations.
Lorsque l’on sélectionne une méthode de priorisation, il est important de noter qu’aucune n’apportera une réponse parfaite, et qu’il est préférable d’aboutir à des décisions rapides qui aboutissent sur des itérations et des validations d’hypothèses que de s’enfermer dans un long calcul complexe qui n’apporte pas plus de garanties sur le résultat. Voici une liste des méthodes de priorisation les plus utilisées dans le monde du Product Management :
- MoSCoW : Cette méthode classe les éléments en quatre catégories : Must-have, Should-have, Could-have et Won’t-have. Elle est utile pour déterminer rapidement les éléments essentiels et ceux qui peuvent être reportés ou abandonnés.Exemple : Dans le développement d’une application mobile, les fonctionnalités de base comme l’inscription et la connexion sont des Must-have, tandis que les notifications push pourraient être des Should-have ou des Could-have.
- Matrice d’impact et d’effort : Cette technique évalue les éléments en fonction de leur impact potentiel sur les utilisateurs ou l’entreprise et de l’effort nécessaire pour les mettre en œuvre. Elle est utile pour identifier les éléments à fort impact et faible effort, qui offrent le meilleur retour sur investissement.Exemple : Une fonctionnalité qui améliore considérablement l’expérience utilisateur avec un effort de développement minimal serait priorisée par rapport à une fonctionnalité à faible impact et à effort élevé.
- Value vs. Complexity (ou Cost of Delay) : Cette méthode compare la valeur ajoutée d’une fonctionnalité (généralement en termes de revenus, d’engagement ou de satisfaction utilisateur) à sa complexité de mise en œuvre. Les éléments à forte valeur et faible complexité sont prioritaires.Exemple : Une intégration avec un service tiers populaire pourrait générer beaucoup de valeur pour les utilisateurs, mais si elle est complexe à mettre en œuvre, elle pourrait être moins prioritaire qu’une amélioration simple qui apporte également de la valeur.
- Kano Model : Cette méthode classe les fonctionnalités en fonction de leur impact sur la satisfaction des utilisateurs, en les catégorisant comme des « basic needs » (besoins de base), « performance needs » (besoins de performance) et « delighters » (éléments de satisfaction). Elle est utile pour comprendre comment les différentes fonctionnalités affectent la perception des utilisateurs et pour identifier les opportunités d’innovation.Exemple : Dans une application de messagerie, la possibilité d’envoyer et de recevoir des messages est un besoin de base, la qualité de l’interface utilisateur est un besoin de performance, et les réactions animées aux messages sont des éléments de satisfaction.
- RICE Scoring : RICE est un acronyme pour Reach (portée), Impact (impact), Confidence (confiance) et Effort (effort). Cette méthode attribue un score à chaque élément en fonction de ces quatre critères. Elle est utile pour évaluer les éléments de manière plus quantitative et pour faciliter la prise de décision.Exemple : Une fonctionnalité qui toucherait un grand nombre d’utilisateurs, aurait un impact significatif sur leur expérience, bénéficierait d’une confiance élevée quant à son succès et nécessiterait un effort modéré aurait un score RICE élevé et serait prioritaire.
- Buy a Feature (Acheter une fonctionnalité) : Cette méthode consiste à demander aux parties prenantes ou aux utilisateurs d’allouer un budget fictif pour « acheter » les fonctionnalités qu’ils considèrent comme les plus importantes. Elle est utile pour obtenir un retour direct des parties prenantes ou des utilisateurs sur leurs priorités.Exemple : Lors d’un atelier, les participants reçoivent un budget limité et doivent décider quelles fonctionnalités ils souhaitent « acheter ». Les fonctionnalités qui reçoivent le plus de financement fictif sont considérées comme prioritaires.
- Thème/épopée : Cette méthode consiste à regrouper les éléments du backlog en thèmes ou épopées cohérents et à prioriser ces groupes en fonction de leur impact global. Elle est utile pour organiser le travail de manière logique et pour s’assurer que l’équipe se concentre sur les domaines les plus importants.Exemple : Dans un projet de refonte d’une interface utilisateur, les thèmes pourraient inclure la navigation, les formulaires et les notifications. L’équipe priorise ces thèmes en fonction de leur impact global sur l’expérience utilisateur.
- Dot voting (Vote par points) : Cette méthode consiste à demander aux membres de l’équipe de voter pour les éléments du backlog en attribuant un nombre limité de points (généralement représentés par des autocollants ou des marqueurs). Les éléments qui reçoivent le plus de points sont considérés comme prioritaires. Cette méthode est utile pour obtenir un consensus rapide au sein de l’équipe et pour impliquer tous les membres dans le processus de décision.Exemple : Lors d’une réunion d’équipe, chaque membre reçoit un nombre limité de points à attribuer aux éléments du backlog. Les membres peuvent répartir leurs points comme ils le souhaitent, et les éléments qui reçoivent le plus de points sont priorisés.
- Weighted Shortest Job First (WSJF) : Cette méthode compare la durée estimée de réalisation d’un élément à sa valeur ajoutée, en tenant compte des coûts de retard et des dépendances. Les éléments qui offrent le meilleur ratio valeur/durée sont prioritaires. Cette méthode est utile pour optimiser le retour sur investissement et pour s’assurer que l’équipe travaille sur les éléments qui génèrent le plus de valeur dans les plus brefs délais.Exemple : Une équipe de développement doit choisir entre deux fonctionnalités : l’une a une valeur élevée et nécessite une semaine de travail, l’autre a une valeur légèrement inférieure mais ne nécessite qu’une journée de travail. En utilisant la méthode WSJF, l’équipe pourrait décider de prioriser la fonctionnalité à valeur légèrement inférieure, car elle offre un meilleur ratio valeur/durée.
- Affinity Grouping (Regroupement par affinité) : Cette méthode consiste à regrouper les éléments du backlog en fonction de leur similarité ou de leur relation, puis à prioriser ces groupes en fonction de leur importance ou de leur impact. Elle est utile pour organiser les éléments du backlog de manière logique et pour identifier les tendances ou les domaines clés. Exemple : Lors d’un atelier, les participants regroupent les éléments du backlog en catégories telles que « Améliorations de l’expérience utilisateur », « Fonctionnalités de gestion de projet » et « Intégrations avec des services tiers ». Les groupes sont ensuite priorisés en fonction de leur impact sur les objectifs du produit.
- Cumulative Voting (Vote cumulatif) : Similaire au Dot Voting, cette méthode consiste à demander aux membres de l’équipe de voter pour les éléments du backlog en attribuant un nombre limité de points, mais permet aux membres de l’équipe de répartir leurs points sur plusieurs éléments. Les éléments qui reçoivent le plus de points sont considérés comme prioritaires. Cette méthode est utile pour obtenir un consensus rapide au sein de l’équipe et pour permettre une plus grande flexibilité dans la répartition des points. Exemple : Lors d’une réunion d’équipe, chaque membre reçoit 10 points à attribuer aux éléments du backlog. Les membres peuvent attribuer plusieurs points à un élément s’ils estiment qu’il est particulièrement important. Les éléments qui reçoivent le plus de points sont priorisés.
- Opportunity Scoring (Évaluation des opportunités) : Cette méthode consiste à évaluer les éléments du backlog en fonction de leur potentiel pour créer de nouvelles opportunités d’affaires, d’innovation ou de croissance. Les éléments qui présentent les meilleures opportunités sont considérés comme prioritaires. Cette méthode est utile pour concentrer l’équipe sur les initiatives stratégiques à long terme.Exemple : Une entreprise peut évaluer les éléments du backlog en fonction de leur potentiel pour générer de nouveaux revenus, attirer de nouveaux clients ou renforcer la position de l’entreprise sur le marché. Les éléments qui offrent les meilleures opportunités sont priorisés.
- Hill Chart (Graphique de colline) : Cette méthode consiste à représenter visuellement l’avancement des éléments du backlog sur un graphique en forme de colline. Les éléments sont placés sur la colline en fonction de leur avancement, de la compréhension de l’équipe et des obstacles restants à surmonter. Les éléments qui sont plus proches du sommet ou de la descente de la colline sont généralement considérés comme prioritaires. Cette méthode est utile pour visualiser l’état d’avancement des éléments et pour identifier les domaines où des efforts supplémentaires sont nécessaires. Exemple : L’équipe de product management utilise un Hill Chart pour suivre l’avancement des éléments du backlog et pour identifier les éléments qui nécessitent une attention particulière ou une intervention pour surmonter les obstacles.
Le Discovery
Le Discovery en product management est un processus continu d’exploration, de recherche et de validation d’idées, de fonctionnalités et de problèmes à résoudre avant de passer à la phase de développement (Delivery) d’un produit. Il sert à comprendre les besoins des utilisateurs, le marché et les opportunités potentielles.

